2è extrait, p 138
"J'allumai le sampler et déposai calmement le saphir sur le disque. La première secousse sourde de mon beat presque parfait s'enfonça dans la poitrine de Lars. Lorsque le gimmick arriva, ce fut comme si Docteur Funkenstein avait branché sa moelle épinière sur un marteau en caoutchouc. Les réflexes reptiliens prirent la relève. Les aigus croustillants lui firent bouger la nuque d'avant en arrière. Le martèlement des basses lui fit descendre le cul à mi-chemin du sol, ses épaules roulèrent et son bassin se métamorphosa en gyroscope d'une sensualité digne d'une séance de baise. Entretemps, ses mains en pronation planèrent devant son torse comme celles d'une momie et surfèrent sur les médiums. J'achevai mon groove et Lars se mordit la lèvre inférieure. Je sus ce qu'il voulait dire. Il voulait dire : "Bon sang, Négro, alors c'est ça que ça fait d'être noir.""
Paul Beatty / Slumberland / Seuil
mercredi 13 janvier 2010
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