Il me fait penser à un fou qui se baladerait à poil à travers les allées de la BnF en criant dans un mégaphone :
" Vive moi ! Ca pue le vieux ici !! Je vais tous les dégommer !!! "
De fait, on se fiche un peu de l'histoire, parce que franchement, l'histoire dont il est question n'a rien de folichon, du grand n'importe quoi, de l'invraisemblable puissance 10, un peu comme dans ces films avec des intrigues à la noix. Genre. Pour casser la routine, un couple décide d'aller dans un grand restaurant où il faut avoir réservé depuis des lustres pour y manger heureusement le hasard leur permet de prendre la place d'absents qui se trouvent être des méchants récherchés par d'autres méchants. Après j'ai arrêté de regarder le film; sans intérêt.
Comment il fait Coupland ? Il réussit à nous happer avec son monde de geeks enfermés dans un studio de jeux vidéo dont la mission est d'insérer une tortue dans un jeu de skate-board. Ca glandouille. Ca se lance des paris stupides. Ca n'a pas de vie. Ca joue au Tétris ou ça bouffe des Cheerios. L'auteur insère des apartés qui n'ont ni queue ni tête, des listes de chiffes ou des compte-rendus informatiques incompréhensibles. Bref, c'est le bordel. Comme ces histoires satellites débiles dans lesquelles il n'hésite même pas à se mettre en scène. Ca fait pas envie ? Et pourtant c'est un bouquin qu'on ne lâche pas et qu'on aime lire, jusqu'au bout !
Extrait. L'équipe de geeks s'est mise en tête de torpiller le jeu initial en insérant le clown Ronald de la restauration rapide qui pue en fou furieux sanguinaire.
Comment Ronald s'est-il retrouvé enfermé dans le jeux ?
Coupland est vraiment un écrivain spécial.
Ronald animait son milliardième goûter d'anniversaire dans un sous-sol de banlieue résidentielle, distribuant des petits gobelets de jus d'orange à des morveux mal élevés. Il a jeté un coup d'oeil en haut des escaliers et il a aperçu les mères des gamins dans la cuisine en train de boire des Martini et de s'amuser à ses dépens. Il a abandonné les gosses pour avoir une explication avec elles. "Si vous avez quelque chose à dire, vous me le dites en face." Les mères ont ricané. Entendez par là que leurs visages ont soudain ressemblé à des distributeurs de Pez vivants.
"Détendez-vous. On se marre, c'est tout."
- Je sais ce que c'est que se marrer, mesdames. C'est mon métier. Les blagues que vous racontiez n'ont rien de marrant. Il y a un être plein de sensibilité sous cette couche de fard.
- Vous êtes né avec toute cette merde sur le visage ?
- Qu'est-ce que vous faites quand vous rentrez à la maison ? a demandé une autre mère. Vous gardez votre maquillage, vous vous enfilez des plateaux-télé et vous faites des canulars téléphoniques ?
- En tant que mascotte officielle d'une multinationale, des clauses de confidentialité m'empêchent de vous révéler mes activités en dehors du cadre commercial.
- Poule mouillée. Je parie que vous mangez chez Wendy's."
Ronald a pointé un doigt dans sa direction : "Wendy est une pute."
Comme cette conversation se déroulait dans une demeure américaine habitée par des Américains, de nombreuses armes à feu se trouvaient à portée de main. Une des mères - appelons-la Maman-Alpha - a sorti de son panier à tricot un calibre .44. Elle n'arrivait pas y croire - le fait qu'elle puisse choisir si oui ou non le clown allait vivre l'excitait. Elle a braqué son flingue sur Ronald.
"Ok, gugusse, il est l'heure de partir.
- Hors de question. Pas tant que vous ne vous serez pas excusées.
- Excusées de quoi ?
- De vous êtes moqués des clowns."
Une des mères étaient sur le point d'appeler la police, mais celle qui était armée a dit :
"Non, Sheila. Avant, on va s'amuser." Elle a fait signe aux autres. " Nell, enferme les gosses au sous-sol." Elle s'est tournée vers Ronald. "Allez, face de hamburger. Déshabille-toi.
- Hein ?
- Tu as bien entendu. Déshabille-toi. On veut voir ce qu'il y a sous tout ce tissu jaune."
La suite, p287. Ou faites marcher votre imagination...
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