jeudi 18 février 2010

Much too much / Sass

Postés à 2 m de l'oeuvre, mamie critique d'art fait profiter sa science à papi et aux visiteurs alentour :
- Alors ça ! j'adore ! Tu vois comme la composition est bien coordonnée, comme tout s'ajuste, bla bla bla.

Une nature morte avec des citrons et des fleurs dans un vase. Rien de bien d'excitant. Limite croûte.

Suivent un vingt-cinqnaire et sa môman ou sa maîtresse, muets devant une autre vraie croûte puis le jeune lâche un laconique commentaire :
- J'aime le cadre !

Si les soit-disant critiques avaient eu le cran de nous avertir de la beauté des cadres et de la faiblesse des oeuvres exposées, je me serais bien gardée de claquer 7 euros ! Une première en France. Une expo. à ne pas rater... (A Nous - 08/02/10). Une vraie révélation... (Beaux-Arts n° 308)

Mon avis n'est pas celui d'un spécialiste, ne revendique rien si ce n'est le non-foutage de gueule, trop subjective... Kitsch ces peintures sur meubles, paravents, pieds de lampe, assiettes, costumes de scène... pff, bien chargés ! Et les tableaux, certains si grossiers, si inspirés des fauves et des nabis que ça en devient ridicule parce que la maîtrise est en dessous. Enfin, c'est mon ressenti... J'ai apprécié une dizaine d'oeuvre notamment et pricipalement celles de Duncan Grant, cf photo ci-dessus / Portrait de John Maynard Keynes - 1917.

Alors pour la petite histoire - parfois croustillante - le groupe de Bloomsbury se réunissait tous les jeudis soirs au 46 Gordon Square chez les soeurs Vanessa (Bell) et Virginia (Woolf) Stephen, nouvellement installées (1905) dans ce quartier bohème de Bloomsbury après la mort de leur père. Elles profitèrent des amis de Cambridge de leurs frères Thoby et Adrian et firent venir ce petit monde pour discuter, boire et manger. Le cénacle compta des écrivains ( L.Woolf, L.Strachey, E.M Forster ), des critiques d'art (C. Bell, R.Fry), des peintres (D. Grant, V.Bell), architecte (C. Williams-Ellis ), économiste (John Maynard Keynes )...

Pendant une vingtaine d'années ce gens partagèrent leurs idées et leurs fesses, des babas cool avant l'heure. "Cela consiste à échanger des oeuvres, à entretenir un laboratoire d'idées, à poser les uns pour les autres, à s'écrire aussi. J.M Keynes couchait avec Duncan Grant qu'il a volé à Lytton Strachey; Vanessa, qui était mariée à Clive Bell, a eu des liaisons avec Roger Fry et Duncan Grant; Virginia a épousé Leonard Woolf mais elle a nourri une passion pour la romancière Vita Sackville-West..." Chaud, chaud.

Du groupe de Bloomsbury sont sortis les Omega Workshops - magasin-atelier d'artistes-galerie ou bien la célèbre maison d'édition - la Hogarth Press - qui existe toujours et appartient aujourd'hui à l'américain Random House.

L'histoire avait tout pour allécher le chaland...



1 commentaire:

  1. Oui et faut croire que tous ces gens très talentueux mettaient toute leur joie de vivre et leur bonheur dans leur vie et pas dans leurs oeuvres.
    (quoique Virginie Wolf) (en revanche les livres de Vita Sackville-West sont assez pétillants)

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