Mohammed Hanif est soit facétieux, soit habile, soit les 2 sinon pourquoi l'oxymore (?) dans ce titre énigmatique.
Dans ce roman, la mangue joue un rôle presque aussi important que le général dictateur Zia ul Haq mais elle sait aménager le suspense, elle est cruciale alors qu'elle n'apparaît qu'à la fin. [ Mon début de résumé est aussi accrocheur que le titre du livre est pourri... ]
Sérieusement, il faut lire ce livre. Parce que
c'était au temps où Reagan régnait,
c'était au temps où les Soviets colonisaient,
c'était au temps où les Afghans résistaient,
c'était au temps où le Pakistan fantochait.
Outre l'éclairage sur le rôle des Américains et des Pakistanais dans ces années fin 70-début 80 en Afghanistan et leur contribution au merdier que connaît ce pays aujourd'hui, Mohammed Hanif se fout de la gueule de son pays, le Pakistan, de son dictateur hideux, du fonctionnement aberrant de son armée aveugle et assoiffée de pouvoirs, tout ça avec un ton ironique qui prête bien sûr à sourire si ce n'est cet arrière goût putride en bouche.
" Le soldat ne me met pas le bandeau sur les yeux. Il m'emmène dans une pièce qui s'évertue à ressembler à une salle de torture. Un fauteuil de coiffeur muni de sangles en caoutchouc sur les accoudoirs est relié à un système électrique amateur. Sur une table est disposé un assortiment de cannes, de fouet en cuir et de faux, en compagnie d'un bocal de piments. Des fils en nylon pendent d'un crochet au mur et deux pneus usagés, reliés au plafond par des chaînes métalliques, doivent servir à pendre les prisonniers par les pieds. Le seul article récent est un fer à repasser Philips , qui pour l'instant n'est pas branché. Une salle de torture faisant office de buanderie ? L'ensemble fait un peu trop déco, un peu comme un décor de théâtre abandonné. Néanmoins, en regardant mieux le plafond, je vois tout de même des éclaboussures de sang séché, et un second tour d'horizon m'avertit que l'ensemble est fonctionnel. Je me demande comment le sang a réussi à gicler si haut ! "
Vraiment pas sérieuse, je tape ce texte terrible et j'ai en tête François Feldman & Yellowhand / You want every night. Impossible de virer cet air de ma tête comme un foutu chewing-gum. Y'a pas de malaise ce soir...faut que je m'ambiance pour la nuit !!!! La honte. Do it againnnnnnn.
Mais tais-toi !!!
Mohammed HANIF / Attentat à la mangue / Ed. DES 2 TERRES
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