
Il me semblait avoir régressé au-delà même des tout débuts de l'humanité sur l'échelle de l'évolution et ses réflexes ressemblaient de façon troublante à ceux d'un animal en captivité.
Les protagonistes sont soit un peu vieux et très sourd, soit très vieux et un peu sourd. Lodge avec son humour fin habituel s'est certainement parodié dans ce roman La vie en sourdine ( Ed. Payot & Rivages ), ancien prof de linguistique devenu sourd qui s'emmerde dans sa retraite. Contrairement à ses précédents romans le ton est moins caustique, un peu moins badin mais plus spirituel et sérieux. J'ai aimé l'atmosphère british, la construction de son roman à la manière d'un blog, ses railleries et surtout ses interrogations sur la vieillesse et la mort.
Le vieux doit être à la mode. Il y a eu tout le tintamarre autour de la sortie du dernier Roth, Exit la fantôme ( Ed. Gallimard ). Pour en avoir lu un extrait et différents critiques sur le sujet, je ne suis pas sûre qu'il soit à la hauteur de mon préféré précité. Comme le houspillait E.M.Williamson dans un n°(oublié) du magazine Transfuge - agacé d'un encensement immérité il le qualifiait en gros si ma mémoire est bonne d'égotiste faisant dans ses couches - je ne sais pas si l'incontinence a une quelconque influence sur le style d'un écrivain mais elle lui vaut en tout cas quelques lignes humoristiques pas franchement folichonnes.
Il existe des caleçons en plastique serrés par de puissants élastiques qui sont conçus pour les nageurs incontinents, et dont la publicité jure qu'ils sont imperméables. Mais lorsque après moult hésitations je finis par en commander un dans un catalogue d'accessoires de piscine et que j'en fis l'essai dans mon étang, je m'aperçus que, certes, le port d'une de ces grosses culottes blanches sous mon maillot atténuait le problème, mais qu'il ne le faisait pas disparaître au point de me libérer de toute appréhension. Plutôt que de prendre le risque de connaître l'embarras et d'offusquer les autres, je renonçai à l'habitude d'aller nager à la piscine de l'université en toute saison (avec une culotte sous mon maillot) et me contentai de continuer à jaunir occasionnellement les eaux de mon étang pendant les quelques mois de chaleur des Berkshires, et là, quelque soit le temps, je fais ma demi-heure de natation.
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