Dante Desarthe devrait être mort - de honte - après avoir voulu filmer celle du cinéma dans son film (?) Je me fais rare. Les critiques disent de ce truc que c'est drôle, pour ma part au 1er comme au 2è, 3è, etc.. degré j'ai trouvé ça très français donc très très chiant. Le gars se filme avec la caméra de monsieur tout-le-monde, il se regarde le nombril et glose, il se croit drôle en ne se cadrant pas et en adoptant des plans fixes, en fait il est pathétique. Une scène montre le personnage principal passant devant le mK2. Celui près de la bnf.
J'ai arrêté le film, suis entrée au mK2 pour voir un film estampillé mK2 et j'ai choisi The Bubble d'Eytan Fox. Et ça m'a scotchée. Dernièrement les médias français faisaient tout un foin avec la sortie du livre Homo-ghetto de F. Chaumont. Si l'affirmation de son homosexualité est problématique ici en France, en banlieue imaginez ce qu'elle peut être en Palestine, qui plus est entre un palestinien et un israélien ? insoluble jusqu'à la mort. Une scène montre les personnages principaux assistant à une pièce de théâtre mettant en scène un prisonnier juif et un prisonnier homosexuel sous le régime nazi. La métaphore était éloquente. Je me suis faite la réflexion que quel qu'était le sujet un israélien mettait toujours sur le tapis la Shoah tel un virus inoculé de génération en génération et que ce poids devait être insupportable à vivre.
Alors j'ai pensé au Fuck America d'Edgar Hilsenrath, allemand d'origine juive né en 1926 qui a connu les ghettos, Israël, New York et à nouveau l'Allemagne. La quatrième de couverture présente son ouvrage, dans la lignée de Fante, Roth et Bukowski comme un témoignage étourdissant sur l'écrivain immigré crève-la-faim. J'ai choisi de le lire à cause de ces mots accrocheurs. Au début il utilise un humour corrosif pour dézinguer le mythe de l'Amérique prometteuse puis il glisse subrepticement sur la Shoah, toujours elle, et le sexe. Parce qu'il était mort il n'arrivait plus à bander, parce qu'il est vivant il inonde l'Amérique de son foutre. Il explique bien la dualité du survivant, qu'un juif rescapé restera toujours un juif de l'Holocauste, un juif mort.
Extrait de cynisme qui n'a rien à envier au film Amen de Costa-Gavras diffusé hier sur la 3 :
"Vous voyez, très cher Monsieur Bronsky, il est inutile de m'importuner, moi, Consul Général des Etats-Unis d'Amérique, avec d'autres lettres. D'ailleurs - entre nous soit dit - au fond, les gouvernements de tous les pays de cette planète se foutent royalement de savoir si vous vous faites massacrer ou non. Le problème juif leur casse les pieds, à vrai dire, personne ne veut se mouiller. En ce qui nous concerne, je veux dire, nous, le gouvernement, dont au titre de Consul Général je suis le représentant, je n'ai qu'une chose à vous dire : des bâtards juifs comme vous, nous en avons déjà suffisamment en Amérique. Ils encombrent nos universités et se ruent sur les plus hautes fonctions sans plus se gêner. Renvoyez-moi les formulaires de demande et veuillez attendre 13 ans. Au cas où votre prophétie sur les chambres à gaz et les pelotons d'exécution devait se révéler exacte, je vous conseillerais de faire votre testament dès maintenant et d'y formuler clairement le souhait d'immigration de la famille Bronsky de sorte qu'en 1952 - selon toute probabilité l'année de délivrance de vos visas en bonne et due forme - votre exécuteur testamentaire puisse expédier vos cendres aux Etats-Unis conformément à vos voeux."
Edgar Hilsenrath - Fuck America - Ed. Attila
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