lundi 8 juin 2009

Un je ne sais quoi de particulier.

Je préférais Le jardin des Finzi-Contini, seul, autonome, non rattaché à toutes ces autres histoires et nouvelles que son auteur a voulu réunir en un unique et lourd volume. La manipulation est malaisée, les feuilles papier-cigarette trop légères sous l'aquilon mais j'apprécie toujours autant ce roman. Malgré la fin, atroce, annoncée dans le prologue; malgré le duce, les lois raciales et son cortège d'expulsion des lieux publics, malgré le monde se teintant de gris, le narrateur met un point d'honneur à ciseler sa parenthèse enchantée. Très pudiquement, il nous invite à partager son jardin des délices, les amitiés juvéniles, les sentiments amoureux, l'insouciance forcée lovée dans ces parties de tennis, discussions, dîners, études. La lecture de ce texte me met toujours dans un drôle d'état. [...] Ce qui comptait c'était, plus que la possession des choses, le souvenir qu'on avait d'elles, le souvenir en face duquel toute possession ne peut, en soi, apparaître que décevante, banale, insuffisante.


L'Amérique est un rêve... abordable...
Décidément, il avait quelque chose de particulier ce samedi.
Quelques heures plus tôt, le guitariste s'était assis à la gauche de l'estrade, tandis que la conteuse se tenait à droite. Des petits spots les ceinturaient et 2 énormes, sur pied, cinglaient leur aura d'une chaude lumière blanchâtre qui les liquéfieraient 1 heure 1/2 plus tard. La médiathèque s'était aménagée pour l'occasion une petite salle pouvant contenir une cinquantaine de personnes, des panneaux avaient été tirés, aucun souffle d'air frais sinon celui de la lectrice. Sous la grosse chaleur, identique à celle du bayou, après que le guitariste blues, René Miller, nous y ait transporté en quelques accords sur sa guitare inox, rutilante, Frédérique Bruyas nous lut un passage de Tom Sawyer de Twain. Et ainsi, pendant plus d'une heure, l'homme, charmeur, quel regard insistant! à me faire baisser la tête! et la femme, la voix assurée, expressive, formidablement radiophonique ont joué à se renvoyer textes et chansons. Brautigan, Kaplan, Dylan, standards américains, Kerouac, Dos Passos. Pour finir sur i have a dream, grosse tarte à la crème, trop lourde... down by the river side...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire